samedi 15 août 2009
Cocon de soi
Je me surprends.
Je ne me savais pas alors
Si près de moi.
Comme il est agréable
D'effleurer les contours,
De sentir qui se meut, "cela" qui me contient,
Et comme il se dérobe au désir de l'étreinte.
Je souhaite y revenir et caresser un peu
Encor la peau fuyante.
Je languit, je m'absente et tout m'est étranger.
Puis, sans y prendre garde,
Je me rapproche un peu
Et des amours, par bribes,
S'accrochent à mes doigts.
Je couds à points légers du nom dont je m'appelle
La robe de soie fine qui me révèle au monde.
jeudi 30 juillet 2009
été
J'admire la blancheur des songes qui se courbent
Des rêves qui se cambrent sous l'ombrelle large
Parasol aux rondeurs parfaites
Dessine autour de moi les ombres
Des midis roux de cette terre
J'avance et ta silhouette
Me guide en la pénombre
De trajets éphémères
Promenade
A voix basse
En sillons
Sur la plage
Ton corps
Une ombre - en plein midi
mercredi 29 juillet 2009
Innocente
Le vrai silence de ta mort.
Mais encore ignorante de ton sommeil figé,
Innocente, elle prononce ton nom et fait tout aussitôt,
Vifs et bleus apparaître tes mains, ton visage,
Ta douceur, et le ciel de tes yeux enfin,
En surface du présent.
Et, dans le creux des silences impalpables,
C'est la morsure de ta voix qui s'ancre gravement,
Et chaleureuse me répète :
"J'ai confiance en toi."
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A mon grand-père, Jean.
samedi 25 juillet 2009
vendredi 24 juillet 2009
Ecriture poématique II
Se déploie, se replie,
Et s'étire et s'allonge,
Se coud, mailles serrées, se déroule et recouvre
Mon front fiévreux.
Ma main trace des lignes.
S'y ajustent les fils
Tendres,
Enlacés,
Noués encor, des heures effilées.
Ma mémoire s'allonge.
L'étoffe irrégulière souple la recouvre
Et ses formes apparaissent,
Enfin. On les devine
Sous l'étole légère dont se joue le vent.
mardi 21 juillet 2009
Ausencia milenaria
En el azogue de los espejos.
Uno y multiple, tu reflejo.
Tus rostros, tus mejillas
Y tus flores mayestáticas,
Tu frente lúcida, tus miradas,
Se quedaron en la ceguera de nuestros espejos,
Apaciguadas, lejanas, pupilas de tantos amores.
Un rayo de luz procede de tu recuerdo
Y tu ausencia luce entre los olores de nuestra casa.
Espacio cerrado, abandonado, que otros rostros no sabrían penetrar.
Solo yo sé que exististe.
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En respuesta al poema de Leopoldo Maria Panero :
Blanca Nieves se despide de los siete enanos
Que se puede leer en el maravilloso blog de Faceglass
lundi 20 juillet 2009
Entre autres
Irrégulière pourtant
Entre autres découpures
Suit le sens de la lame
De la lame qui mesure
De la lame qui fait sens
Entaillant inquiète
D'invisibles creux du temps
La lame je l'engage
Dans la matière imprécise
Son entaille n'est qu'un jeu
Langage net pourtant
Qui découpe le réel
Enroule des lignes de temps
Autour de tes poignets
De tes hanches
De ton front
Toi semblable et dissemblable
Autre jeu autre temps
Tranchant d'une autre langue
La densité insondable
De la profondeur des corps
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En réponse à un poème de Fabrice Caravaca :
"La rondelle de citron"
Que l'on peut lire sur le blog Silo - Académie 23
samedi 18 juillet 2009
jeudi 16 juillet 2009
Espagne
Sur le front du pays brûlant, des voix de femmes
Soufflent comme un grand vent. Les larmes d'une veuve,
Quelques perles de lait, coulent tièdes et abreuvent
Le sol de plaines arides, sèches, qui se pâment.
Comme pour rafraîchir encor ce front brûlant,
Des eaux vives sillonnent en silence le sable :
Ridules gracieuses d'un air agréable,
Striures de paroles rondes comme un chant.
Les rires des enfants veillent tard sur la nuit,
L'inondent de leur jeune éclat et désaltèrent
Leur pays fiévreux. Cannelures de la terre,
Ruisselets ciselés, ondulent dans un bruit
De friselis murmurés. Un vieil olivier,
Frissonnant doucement, attend l'éternité.
samedi 11 juillet 2009
Ponts de Paris II
La rive la plus sombre où l'on marche au hasard
Rejoint d'autres pays tout brûlants de soleil.
Fil tendu où s'égrainent les perles vermeilles
De mes heures : le pont m'éloigne et me rapproche
De celle que je fus. J'avance sur la corde,
Passe de rive en rêve. A l'oreille j'accorde
Le rire des eaux vives et le tranchant des roches.
Quand de l'autre côté je regarde en arrière
Et reviens sur le pont depuis longtemps quitté,
L'eau vive de l'an neuf coule dans la clarté...
Je ne retrouve rien de l'ancienne rivière.
Rien n'a changé pourtant en ce doux paysage,
Seulement mon cœur a connu d'autres parages.
mercredi 8 juillet 2009
Ponts de Paris I
Je suis partie loin, longtemps.
Quand je suis revenue, les larmes n'étaient plus.
Sûrement avaient-elles accroché quelqu'un d'autre, en passant.
Alors j'ai dansé sur le pont.
dimanche 28 juin 2009
Sur la rive
Rapides claires fraîches
Ses eaux tissent une toile où jouent de jeunes soleils
Pareils à de jeunes fauves
Fine limite où fléchit l'ombre tiède
Ligne ténue où dansent les éclats
De l'onde presque assoupie qui se brise
Tout à coup et file bouillonnante en écume rieuse
Surface lisse tu ploies sous le cheveu
D'une femme pensive aux amours lointaines
Tu cèdes sous la fleur d'une main juvénile
Qui soudain te secoues et vive se faufile par où tu te fendilles
Des spirales langoureuses moussent à mes pieds
Nous buvons cette gracieuse matinée
Au soleil d'un songe
A l'ombre d'une pensée
mercredi 24 juin 2009
Sur un fil
samedi 20 juin 2009
Les hasards du Voyage
Quelque désir nous vient de voyager encore.
Je crois en ces hasards, délicieux assemblages,
Qui résonnent en autant d'improbables accords.
Je crois en ma voie claire qui donne son Oui,
Et trace devant moi son chemin incertain.
A mes pieds se déroule exaltante la vie ;
Ivre, elle rit de moi, d'un rire cristallin.
Je crois en ces échos, lointaines résonances,
Qui reviennent souvent me dire qui je fus.
Mémoire de mes pas, fragile souvenance,
Me chante où je vais dans un souffle ténu.
Je crois en ces eaux claires, qui longent ma route
Où je vois défiler, comme en de grands miroirs,
Les reflets de désirs et la pluie, goutte à goutte,
Qui empli pour mes soifs ce géant abreuvoir.
samedi 13 juin 2009
Nuages
Toucher les nuages du bout du doigt.
Comme on touche sans penser davantage
De son doigt crédule un rêve pour soi.
Passera le vent. Avec les nuages,
Passera mon rêve au-dessus des toits.
Mais comme une enfant, ignorant son âge,
J'irai dans le vent, volant sans effroi.
J'irai dans le vent, j'irai dans l'orage,
Suivre le nuage qui me mène à toi.
J'irai dans le vent, à travers les âges,
Au-dessus des toits qui se rient de moi.
jeudi 11 juin 2009
días de soledad
No me quedan palabras para decir que te quiero.
Hubiera repetido sin parar las poquitas que me se
Para que tú me recuerdes en tu estancia lejana:
Te amo, te extraño, te espero.
Te amo, te extraño, te espero.
Pero mi voz no te alcanza en esas tierras distantes.
Por eso, por favor, por donde vas caminando,
A ratos, detén tu paso.
Y cuando sepas oir,
En el viento que sopla sobre las higueras,
Mi corazon anhelando tu presencia;
Y cuando sepas oir,
En la resaca del mar que llega a la orilla,
Mi deseo soñando con encontrarte;
Y cuando, así detenido, sepas oir
En el viento y en el mar y en el olor del bosque;
En la noche apaciguada, en la faena del dia,
Y en este suave calor de verano,
Mi amor que te llama:
Entonces te habré dicho
Esa poesia que las palabras no me consienten.
Entonces me habrás abierto
Un camino a tu lado para los días de soledad.
mardi 31 mars 2009
rêveries
C'est toi qui viens, qui viens me voir.
Et qui pour moi,
Et qui de moi,
A fait quelques rimes au hasard.
Entre les plis, doux amusoirs,
De mes pyjamas de soie noire,
Je vois qui rit
Une odelette,
De mes frissons le réchauffoir.
Je m'endors, et dans le couloir,
J'entends ton pas dire au revoir.
C'était un rêve,
C'était le vent,
Qui me racontait des histoires.
dimanche 29 mars 2009
... hiver... printemps...
À l'oreille, sur le brun de ta chevelure,
Alcée qui de l'amour dit les regrets du cœur,
Je t'offre mauve et frêle un poème en parure.
Germinal aux beaux jours éclot ses ancolies,
Roses folies que le printemps pour moi dépose
À la même fenêtre où passèrent nivôse
Et pluviôse et ventôse avec mélancolie.
Quand la neige couvrait encore toute chose,
Et que tu te tenais devant ma porte close,
J'aimais mieux aux bouquets, tes nacrés coquillages,
Dans mes cheveux défaits, le parfum d'un autre âge
Et dans tes mains la clef qui fermait la fenêtre,
Ouverte demeurée, pour le printemps peut-être.
mercredi 18 mars 2009
Oiseau de pluie
Papier mouillé se déchire sans bruit,
Oiseau de pleurs qui ne volera pas,
Spirale découpée avec les doigts,
A même l’amour.
Piano, piano, douce viendra la nuit,
Sombre caresse à l’esprit qu’elle ceindra.
A ma fenêtre, accoudée, sous les toits,
Vois mourir le jour.
Nuages qui s’étirent en lignes grises,
A l’horizon, laissent passer l’oiseau
Au-dessus des fumées. Laissent passer
L’esprit déployé.
Et puisqu’il faudra bien que je le dise :
Adieu oiseau ! Ne m’oublie pas ! En haut,
A ma fenêtre je serai, tu sais,
Souvent appuyée.
mardi 10 mars 2009
La faiseuse de tapis
Les vers encombrent le sol de bleuissures.
L'ouvrage bat au rythme des comptines,
Les vers à soie tissent l'étoffe aladine.
Maîtresse d'oeuvre, ardente voyagère,
Vers l'horizon je destine mes vers.
Bientôt je sais que la terre bleuie
Sera le ciel où vole mon tapis.
Pendant l'orage
Elle se rassure en nous contant
Que les voisins déménagent
Ou que l’Bon Dieu n’est pas content.
Moi c’que j’aime par-dessus tout
C’est mon pardessus et mes bottes
En caoutchouc qui clapottent
Dans les grand’ flaques de boue.
Moi, j’aime le grand vacarme
Du ciel qui ouvre son ventre
On dirait qu’il coule des larmes
De son grand gosier de chantre.
On croirait presque un poète
Qui n’arrive plus à chanter
Et qui cogne à ma fenêt’
Ses larmes pour me foudroyer.
Sur le fer du rideau

Faisons le parc dans l’amour
Et le lit dans un rêve
Ofrons des femmes aux fleurs
Et des enfants aux jeux
Mettons les ies sur les points
Du vieillissement contre la crème
Et puis des moustiques contre le baygon
Faisons le parc dans l'amour
Et l'école dans la fête
Probablement la Terre est ronde
Faisons comme si de rien n'était
Parce que c’est pas moi qui décide de ça.
Attention toutefois aux chiens qui se mordent la queue…
TRADUCCION ESPAÑOLA:
Hagamos el parque en el amor
Y la cama en el sueño
Ofrezcamos mujeres a la flor...
Y niños al juego
Pongamos las ies sobre los puntos
Envejecimiento contra la crema
y mosquitos contra el baygon
Hagamos el parque en el amor
Y la escuela en la fiesta
Probablemente la Tierra es redonda
Hagamos como si de nada
Porque de esto no decido yo.
Cuidadin sin embargo con los perros que se muerden la cola..
Amour de passage
Sur les derniers passants de cette nuit tu veilles.
Un homme, en grand fracas, tes longs cheveux balaye ;
Il y mêle son rire, toute sa fortune
De t’avoir pour lui seul, en ce lieu de sa nuit.
L’aveugle multitude t’a piétinée, tu trembles.
Mais tu as bien dansé, toi aussi. Tu ressembles
A une femme qui, malgré ses larmes, rit.
Nombreux, ils t’aiment et c’est ta raison de rire.
Tu ris car tous ils chantent ce que tu inspires.
Mais, ô infortunée, tu pleures car les poètes
Ne veulent jamais boire l’amour jusqu’à la lie,
Toujours laissent sonner leurs rires dans tes verres,
Et ne font que passer,
Passer en aimant, certes…
Ruelles
Mais d’un éclat toujours, vous brillez, ô ruelles.
Vos sonores sourires s’éparpillent, se mêlent
Aux râles miséreux qui coulent de vos bouches.
Tout brille, jusqu’à l’ombre de vos chaudes nattes
Qui s’enlacent toujours en regardant le ciel.
Précieuses sans parure, légères aux pas de miel,
Sans cesse vous glissez telles l’eau d’une jatte.
Jaillir est votre rôle, couler un passe-temps.
Des détours, des folies, vous en portez autant
Qu’un amant peut offrir à une seule femme.
Mais vous êtes plusieurs et chacune me charme
Et je n’ai nulle couche où préférer dormir ;
Ni nul autre présent que le mien à offrir.
Magicien
Le cri de notre perte, de notre passion,
Je l’entends qui résonne encore à mon oreille
Et qui me déraisonne dans un profond sommeil.
Qui es-tu magicien qui mes sens émerveille ?
Tu prononces des mots qui ne sont pas les miens,
Tu t’abreuves à mes lèvres pourtant, à mon sein !
Dans mon rêve des mots s’écoulent, flots vermeils,
Comme le vin teinté qui coule de tes mains.
A tes caresses je bois le poison divin,
Je goûte ta douleur, ta tendre dévotion,
Pleurs des perles amères, les couds à ton nom,
Toi magicien heureux qui tresse chaque peine
A l’écheveau qui noue tes délices aux miennes.
Cynique esthète
Le voici qui y traîne un cadavre fumant,
Malodorante ordure, au nez des bonnes gens,
Poiscaille effilochée qui à son pas s’accorde.
Provocant, atteignant au bon goût avec l’art
D’un qui ne semble pas juger de son offense,
Notre impudique exhibe sa vertu sans fard :
« Je ne vois rien ici qui nuise à l’élégance,
Esthètes aux cœurs impurs, vous osez condamner
Ce qui n’est qu’un bien frêle fardeau à porter ;
Je vois vivre alentour bon nombre d’élégants,
Nombre d’hommes blanchis des chausses jusqu’aux gants,
Que l’odeur des vices qu’ils traînent en marchant
Devrait gêner bien plus que ce pauvre hareng !»
Figurines
En velours bleuté fermées d’un fil d’argent,
Votre cœur reste pâle et votre teint est blanc
Vous ne connaissez pas les rougeurs de la course.
Voici que dans le froid les enfants se rosissent,
Jamais ils ne grelottent car leur cœur est bien chaud
Quand ils crient leur bonheur comme font les grelots !
Mais vous n’osez sortir de peur qu’on vous ravisse
Votre chaste sagesse qui près du feu se glace,
Votre prude raison qui frissonne et efface
La buée de vos yeux qui contemplent l’écrin
Que vous leur polissez chaque jour pour demain.
Vieilles figurines restez dans vos coffrets
De peur qu’en vous voyant les enfants ne s’effraient.
La musicienne
Voyez fleurir la note claire de sa bouche,
Cueillez la douce larme qui coule et se couche
Dans le creux de l’oreille et du cœur qu’elle éclaire.
Voyez les encensoirs fumer comme des flûtes,
Goûtez la douce amère qui chante et soupire,
Goûtez l’onde éphémère suave qui délire.
Ecoutez le plaisir qui s’effile en volutes.
Voici la musicienne qui joue son amour.
Voici le soleil mûr que la belle savoure :
Qu’elle guide et suit dans l’élan de sa danse,
Qu’elle chante et qu’elle oit qu’elle devine et devance.
Il sort de ses lèvres comme un fruit de velours
Qui coule harmonieux même à l’oreille du sourd.
L'agneau dansant
Au son de ton vacarme qui ton cœur tenaille.
Beaucoup de nos rumeurs ressemblent au silence
De nos bouches en cœur dont s’échappe semence.
Nos oreilles se bouchent au fil des murmures,
Des feutres sous nos pieds rendent nos voix obscures.
Nos voies suivent les chants de bruyantes sourdines
Qui tissent une toile absurde et assassine.
Un homme au pas léger danse sur nos folies :
Nos hymnes et nos psaumes, nos râles, nos cris.
Un homme bien moqueur qui ne tient pas en place
Et qu’anges et démons maintiennent avec grâce.
Il foule de son pied la foule comme un sol,
Et console son cœur du chant même qui l’immole.
Danse juvénile
Leurs bouches tissaient fraîche et tendre la lumière
Et leurs doigts des sourires embrassant la nuit claire.
Ils goûtaient pas à pas le fruit de leur secret.
Un miroir délirant sur leur front juvénile
Dictait à leur image la parfaite rime.
Leurs pieds riaient des vers qui s’aiment et se miment,
S’embrassent et se croisent et confondent leurs fils.
Voyant ce qu’ils tissaient au rythme de l’aiguille
D’un monstre métronome qui souffle et boitille,
Un sage me disait sa rage et son envie
De briser le miroir qui leur donnait la vie :
« Comment tant de beauté peut naître d’un reflet
Et l’hideux cri du monde porter ainsi leurs pieds ? »
Valse
En cœur qui s’ébroue dès que l’on y touche
Te montre mes larmes et tout mon bonheur
D’être seule avec ton cœur tout à l’heure.
Dépourvues de grâce sont mes amours
Lors qu’elles patinent sur ton velours.
Sous leurs pas tu glisses une triste valse
Qu’elles mordent et griffent d’un rire las.
Mes amours ne pleurent pas sous tes doigts,
Elles se font petites et meurent de froid.
Si ma larme coule brûlante alors
Elles déglaceront, fondront sur ton corps
Déversant leurs jets de rires embués
Qui soufflent à tes pas la valse oubliée.
Mains
Sur le rêve fragile que portait mon cœur.
Fuir. Oublier la douceur qui coule de tes yeux,
Laisser ma lourde peine et mon rêve à ces lieux
Que sont tes mains ouvertes, tes doigts délicats
Aveugles gardiens d’un moi inachevé.
Je te laisse les bris de mon rire en éclats,
Et mon sein et le nom dont tu m’as appelée.
Je te confie ce que tu ne sais pas de moi,
Les raisons de mes rires, abîmes de ma joie,
Mon être qui s’abîme et s’use à tes regards.
Homme dont la tendresse s’écarquille sans voir,
Je te confie cet être que j’aurais été
Si tes deux mains aveugles l’avaient caressé.

